Ça branle dans le manche

Auschwitz commence partout où quelqu'un regarde un abattoir et pense: ce sont seulement des animaux. T.Adorno

18 septembre 2006

Le révolté

Je vais vous parler d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
Je vais vous parler de luttes contre la bonne conscience sociale qui n'ont plus la cote aujourd'hui, en ces temps formatés où l'engagement politique se résume à des manoeuvres partisanes.

Je vais vous parler d'un article publié dans Libération du 18 septembre qui parle d'un homme qui lui, non seulement n'a pas renié sa cause mais reste un insurgé tout en s'efforçant de se mettre au service de ses compagnons de lutte et de misère.Il s'agit d'un article remarquable de D.Simonnot sur un homme non moins remarquable, Jacques Lesage de La Haye, animateur de l'émission Ras-les-murs sur Radio Libertaire.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/205023.FR.php

J.Lesage de La Haye, nécessairement révolté à 17 ans parce que non résigné, avait choisi une voie"problématique" pour exprimer son refus d'un ordre lâche, étriqué et injuste.
Il l'a payé cher, de maisons d'arrêt en centrales (condamnation à 20 ans de réclusion).
C'était hier, c'était il y a longtemps mais ça reste terriblement actuel. Cette société intimide, punit et écrase tous ceux qui tentent de donner une signication politique à ce que l'on appelle par euphémisme le refus actif de la Loi.

J.Lesage de La Haye a été de ceux qui se sont élevés contre l'institution pénitentiaire et les conditions carcérales, posant des revendications précises tout en demandant la suppression de la prison, de toutes les prisons.

Il a incarné ce mouvement qui a travaillé les prisons et les travaille encore.
Avec le GIP de Michel Foucault en 1970 puis le CAP-Comité d'Action des Prisonniers (et son mensuel "CAP, Journal des prisonniers") de Serge Livrozet en 1972.

Jacques Lesage de La Haye, c'est également un psychologue militant de l'anti psychiatrie, adversaire de l'internement et des asiles, militant pour des lieux de vie, microstructures accueillant des populations en détresse et difficilement intégrables-cas sociaux, toxicos, psychotiques, sortants de détention etc.

Foin des discours.

Il faut lire et relire les pionniers de l'anti-psychiatrie, les Ronald Laing et David Cooper (surtout les formidables "Mort de la famille" et "Une grammaire à l'usage des vivants"), lire "De la prison à la révolte", l'essai -témoignage de Serge Livrozet (il doit être sûrement épuisé mais quand on veut on trouve) et bien sûr lire le bouquin de J.Lesage de La Haye   "la Mort de l'asile" qui est sorti en début d'année aux éditions Libertaires, comme tous ceux qui sont parus auparavant (notamment "la machine à fabriquer les délinquants").

Posté par TAOMUGAIA à 17:54 - Vivre libre, résister - Commentaires [0] - Permalien [#]

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