Ça branle dans le manche

"Auschwitz commence partout où quelqu'un regarde un abattoir et pense: ce sont seulement des animaux." T.Adorno

10 avril 2007

CPNT complice du gang des braconniers

lapin_22.1176194328.jpg  En voilà un beau fait divers qui va restaurer l’image des chasseurs dans l’opinion publique. Ces mêmes chasseurs qui demandent, en glapissant, respect et reconnaissance pour leur travail dans la préservation des équilibres naturels et la régulation  des populations de gibier.
 
Quand ils n’ont pas affaire à la justice pour avoir tiré sur des promeneurs ou des passants, c’est pour braconnage.En l’occurrence, le cas que je vais commenter, ce n’est pas de la petite bière. C’est du lourd, de l’industriel, pas de l’artisanal  pratiqué par des viandards simplets au coup épais.
    
Les réquisitions du parquet sont d’ailleurs à la mesure du délit : prison ferme (6 mois), 35000 euros d’amende par tête de pipe, confiscation des véhicules et des armes, retrait des permis de chasse, dissolution des 2 sociétés de chasse.
Les parties civiles, elles, demandent jusqu’à 1 million d’euros de dommages et intérêts.
      
De quoi s’agit-il donc ? Du procès d'un réseau de braconnage en Camargue, tombé  en 2005, qui s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Tarascon.
Dix-sept personnes et deux sociétés de chasse comparaissent pour des infractions de chasse, destruction d’espèces protégées, de travail dissimulé et de recel de gibiers braconnés. La prévention court sur les années 2004 et 2005, même si, au cours de leurs auditions, certains ont reconnu agir depuis 2001.

camargue-3-6.1176194359.jpg  L'homme présenté comme la tête de l'édifice est un Gardois : Jean-Pierre Bouchet, éleveur de lièvres et de lapins à Fourques, aurait amassé plus de 50 000 € de la revente de lapins furetés en Camargue et en Crau par ses "équipes" à des sociétés de chasse, demandeuses pour le repeuplement de leurs territoires.
    
Plusieurs équipes de chasseurs, agissant plutôt de nuit (avec des silencieux !) opéraient indifféremment à l'intérieur et aux abords du parc régional de Camargue, immense et fragile zone humide située sur le delta du Rhône, où nichent et migrent d'innombrables variétés d'oiseaux protégés (dont les emblématiques flamants roses), sans compter les importantes populations de gibiers plus communs (lièvres, lapins, sangliers...).
 
L'arsenal utilisé par ce réseau confirme son «professionnalisme» : environ 150 fusils, dont des armes de grande chasse équipées de silencieux, de systèmes de visée laser ou de lunettes de vision nocturne, de nombreuses armes de poing, des projecteurs halogènes, des produits pour endormir le gibier, des pièges à mâchoires, des bandes magnétiques imitant les chants d'oiseaux.
   
Des congélateurs remplis de poisson et de gibier, dont de nombreuses espèces protégées (passereaux, fauvettes, mésanges, civelles) ont été retrouvés chez les mis en cause.

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Les animaux étaient écoulés à la demande, parfois vivants, auprès de particuliers, de restaurateurs, de sociétés de chasse ou de taxidermistes. Un flamant rose empaillé se vend environ 150 euros. Un lapin vivant près de 20 euros. Le hibou grand-duc peut se négocier à plusieurs centaines d'euros : «Ces braconniers ont commis un véritable carnage sur l'écosystème.
Leur pillage a décimé durablement plusieurs populations d'espèces.
    
Nous notions régulièrement des disparitions anormales d'animaux, nous savions que des braconniers opéraient mais nous n'imaginions pas une telle organisation», explique C.Pisi, chef du service départemental de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.
          
Ce parrain du braconnage s’est vanté d’avoir « fait » 160 canards et 7 oies en 3 jours mais a professé un très grand respect pour les animaux ! Oui, vous ne rêvez pas, ce furieux du fusil, ce John Wayne  du flingue respecte les animaux… 
Comme, on le sait, tous les chasseurs, à courre, à pied, en 4X4 ou en affût.
Soit-dit en passant, les animaux aimeraient qu’on les respecte moins et qu’on leur foute la paix. Du respect comme ça, on en meurt.
      
Revenons à nos abrutis braconniers. Le procès a eu lieu, le jugement sera rendu le 29 mai.
       
Les audiences ont été salées ; le procureur a même demandé, faussement interrogatif, si les prévenus ne prenaient pas les juges pour des imbéciles.En effet, un des prévenus (Cyrille robert) a répondu que le projecteur halogène utilisé la nuit lui servait à retrouver son chien sourd !
    
Cependant, un aspect plutôt désagréable pour les sociétés de chasse a été montré : ce gang de braconniers bossait pour une clientèle, celle des sociétés de chasse.
La demande venait de là.
D’ailleurs, le parquet souhaitait en juger 12, sur 45 de concernées.
Au final, ce sont seulement 2  qui sont poursuivies.
 
Conseiller municipal CPNT (oui, respirez lentement, c’est bien de CPNT, le parti de la ruralité bas de plafond et des traditions cruelles dont il s’agit) d’Arles, Jean-Marie Scifo  comparaît au nom du groupe cygénétique arlésien (800 membres).
   
Pour pas grand-chose (sic) dit-il : seulement 100 lapins achetés au rambo du braconnage. Un ami de 30 ans, précise-t-il.
D’ailleurs, J.M.Scifo l’a recommandé à d’autres sociétés.
Mais, direz-vous, pourquoi cette société de chasse achetait-elle des lapins en grand nombre ? Bin, c’est évident ! Pour les retrouver sur le terrain !
      

Les lapins d’élevage, couine J.M.Scifo, sont mauvais, ils ne rentrent pas se cacher dans les trous, c’est moins marrant quoi, de les flinguer.
Tandis que les lapins braconnés, ils bougent un peu plus…
 
Ce système mafieux et grotesque, à la limite de la connerie majuscule, c’est celui de la chasse, avec ses lapins et ses faisans parachutés sur un terrain de tir  pour assouvir les instincts sadiques de ces cerveaux rougeauds.
90% de la clientèle de ce gang de braconniers, ce sont des sociétés de chasse.
   
La population de lapins, à cet endroit, a baissé de 75%. Le conservatoire du littoral exige près de 400000 euros, coût de la politique de repeuplement.
    
La chasse, activité responsable et citoyenne ?

- Infos tirées des quotidiens Libération, Le Midi Libre et la Provence.-

Posté par TAOMUGAIA à 17:00 - Traditions connes et cruelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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