Ça branle dans le manche

Auschwitz commence partout où quelqu'un regarde un abattoir et pense: ce sont seulement des animaux. T.Adorno

14 juillet 2007

Moby : des vérités qui dérangent dans ‘La vérité qui dérange’.

           

Moby.

Je ne voudrais pas dire du mal mais c'est quelqu'un de vraiment bien. Comme artiste et comme individu.

J'avais été le voir en concert à Rennes, à l'automne 2005, à l'occasion de sa tournée mondiale de promotion de son dernier album HOTEL (écoutez le merveilleux 'dream about me').
Pour 2 raisons : d'abord parce que j'aime ce qu'il fait et qu'ensuite c'est un végétarien engagé dans la cause animale et que je partage ses choix de vie.

Il se sert de sa notoriété pour dire ce qu'il pense et croyez moi, ça en dérange du monde !

Car Moby est davantage que végétarien; il est vegan.

Pour celles et ceux qui fréquentent ce blog, sachez qu'en France, nous connaissons les végétariens, qui ne mangent aucune chair d'animal (oui, même les crustacés) et les végétaliens qui, en plus, ne consomment aucun sous-produit d'origine animale (lait, oeuf, miel etc).

Les anglo-saxons ont distingué une autre catégorie, les vegans, qui sont des végétaliens qui ne portent, n'utilisent sous-produit tiré de l'exploitation des animaux (cuir, laine...).

Moby donc; il ne faisait pas partie de ces nombreux artistes qui avaient prêté leur concours au  LIVE EARTH, gigantesque happening planétaire parrainé par Al Gore pour sensibiliser l'opinion publique mondiale au réchauffement climatique.

Cet évènement a pris la forme, le 7 juillet, de plusieurs concerts diffusés via le net et des chaînes cablées à partir de 8 villes : New York, Hambourg, Johannesburg, Shanghai, Tokyo, Sydney et Londres.

Ce genre de grand-messe, moi, ça me laisse songeur... Perplexe sur l'efficacité de la démarche, à moyen/long terme s'entend, passé l'excitation du moment et les bonnes résolutions prises dans l'euphorie.

Moby, lui, n'a pas aimé, visiblement, ce côté bal des faux-culs, ces gens qui viennent participer à une mobilisation sans se remettre, ne serait-ce que 2 minutes, en question.

C'est ainsi que, dans son journal (www.moby.com), il s'est en pris ouvertement aux organisateurs qui avaient autorisé la vente et la consommation de viande lors du concert.
Moby a rajouté  " les gens mangeaient des hamburgers, des hot dogs et du poulet, ce qui est la même chose que de se saouler lors des obsèques de quelqu'un qui est mort à la suite d'une empoisonnement éthylique"

Et il termine en disant que certains faits dérangeants pour nos petites habitudes et notre confort moral sont volontairement occultés par ce qu'il appelle la gauche bien pensante.

Evidemment, il fait référence à la part de la 'filière viande' dans la dégradation de la biosphère et dans le phénomène du réchauffement climatique.

J'ai eu à ce titre, maintes fois, l'occasion, sur ce blog, de relever tous les effets négatifs de la production et de la consommation de viande (épuisement des ressources en eau potable, rejets de gaz à effet de serre, gaspillage, pollution etc) qui se superposent au problème, moral ou éthique comme on voudra, de tuer un animal pour se nourrir après l'avoir élevé dans des conditions abominables.

Je peux vous dire que le coup de colère de Moby (qui est pourtant un gars très doux) a été moyennement apprécié par les mous du bulbe qui se voient simplement en consommateurs de spectacle, de musique et qui s'intéressent à la question climatique exclusivement sous l'angle des caprices de la météo.

   

Posté par TAOMUGAIA à 17:30 - Des mecs (et des bestioles, oui, oui) biens - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire