Ça branle dans le manche

Auschwitz commence partout où quelqu'un regarde un abattoir et pense: ce sont seulement des animaux. T.Adorno

20 juillet 2007

La peau de l’ours sinon rien

Ils n'ont pas 5 mn pour garder leurs troupeaux de moutons mais ils sont hyperactifs. Ils n'arrêtent pas, c'est bien simple.

Descendre dans les rues armés de leurs fusils, organiser des battues sauvages pour affoler l'ours, menaçer de pertuber le cours du Tour de France lundi prochain, préparer la réunion avec le ministère de l'environnement du 26 juillet, c'est du boulot !

En plus, ils ne sont, à tout casser, que 200, alors c'est vous dire !

Les éleveurs, bergers et chasseurs des Hautes-Pyrénées n'ont peur de rien, surtout pas du ridicule.

Le préfet, E.Berthier, a été plutôt sec avec eux, le 13 juillet; il les a mis en garde contre toute atteinte à l'ordre public, considérant que le fait d'effectuer des battues d'effarouchement pouvaient, si on n'y prenait garde, relever d'une forme de délinquance et que lui, autorité préfectorale, il est chargé de veiller à la tranquillité et la sécurité dans le département.

Il a en outre rappelé que, pour la ministre en charge de l'écologie, l'ourse Franska n'est pas un ours à problème et qu'à ce titre, son cas ne remplissant pas un certain nombre de critères, il ne pouvait être question de la retirer du coin !

Dépités, les éleveurs et chasseurs regroupés au sein de l'ADDIP (Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées) sont venus chouiner auprès d'une personne plus compatissante.

Puisqu'il n' y a pas moyen de se faire entendre par le ministère de tutelle, allons plus haut ! Le cabinet du Président de la République, pourquoi pas...

Allons retrouver notre Chantal Jouanno si gentille avec les préoccupations des chasseurs.

Aussitôt fait; le 16 juillet, une délégation a été reçue à l'Elysée durant près de 2 heures. Elle a pu geindre, menacer, elle s'est sentie écoutée.

D'ailleurs, c'est bien le sentiment qui prévalait au sortir de cette réunion : " Un ton nouveau, en provenance de l’Elysée, semble avoir été donné aux associations de sauvegarde du patrimoine pyrénéen et aux éleveurs."
Les représentants sont repartis assez satisfaits.

Après avoir mis en garde : ils ne reviendront pas à Paris rencontrer N.Kosciusko-Moriset le 26 juillet pour s'entendre dire les mêmes choses précisées il y a peu par le préfet. Pas question de protocole et de respect des accords internationaux; l'ourse Franska doit être considérée comme un animal dangereux et retirée définitivement des Pyrénées.

Cyniques, ils ont rappelé le triste destin de Bruno, ours purement et simplement abattu en Allemagne l'an dernier alors qu'il avait 'commis moins de dégâts' selon eux

Comme on le voit, le problème est loin d'être réglé. Le collectif des éleveurs et chasseurs se radicalise nettement et en profite pour charger les associations 'environnementalistes' qui ne représenteraient qu'elles-mêmes, qui seraient complètement déconnectées des réalités du pastoralisme, intégristes car préférant l'animal à l'homme et empochant des milliers d'euros de subventions de fonctionnement.

Le plus inquiétant, c'est ce contournement de la ministre en charge de l'écologie. On peut penser que les éleveurs/chasseurs préférent de loin discuter avec Chantal Jouanno car elle est des leurs.

Mais on doit penser que cette façon de faire vise à pousser N.Sarkozy à imposer à sa ministre de satisfaire les revendications des viandards.

Le travail, en amont, de types comme Jean Lassalle (qui préside l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn et dont les comptes ont été rudement critiqués, le 09 juillet, par la Chambre Régionale des Comptes) sert à ça : court-circuiter le ministère de l'écologie, soupçonné de bienveillance à l'endroit des associations de protection de la nature pour faire intervenir des individus plus soucieux des intérêts du lobby de la chasse et des éleveurs.

          

Posté par TAOMUGAIA à 17:55 - Animal on est mal - Commentaires [0] - Permalien [#]

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