Ça branle dans le manche

Auschwitz commence partout où quelqu'un regarde un abattoir et pense: ce sont seulement des animaux. T.Adorno

26 juillet 2007

Désolante mutation génétique : Marie Sara a des couilles et un glaçon à la place du cœur

Que ne suis-je pas obligé de faire pour ce blog ! Et pour vous, par conséquent.

Lire Paris Match ! Le numéro 3035 du 19 juillet  par-dessus le marché.

L’effort est d’autant plus rude que le même jour, j’avais en main le dernier numéro de l’Info-Journal, le trimestriel de la Fondation Brigitte Bardot (l’abonnement est à 8 euros, c’est que dalle et en plus, le supplément junior est compris) ;

Brigitte, dans son édito, elle s’est lâchée grave. Elle en marre, c’est évident. Il est titré «  Notre monde est trop cruel ». 

Donc, je me suis efforcé de lire Paris Match (il y a Cécilia en couverture) car j’avais été avisé qu’une saleté d’article faisait la promo d’une pauvre fille, tueuse d’animal de son état et fière de l’être.

C’est de Marie Sara dont il s’agit. Elle est torera et a décidé, après avoir arrêté sa carrière de tortionnaire pour élever ses 3 gosses, de redescendre dans l’arène.

L’article, intitulé « Les jeux de l’amour et de la mort », dresse un portrait plus que flatteur (carrément flagorneur en définitive) de cette « femme d’affaire et épouse, mère et maîtresse de maison »  qui a tué plus de « 700 fauves ».

« Femme hors normes », « courageuse en diable », qui avait tiré sa révérence  il y a 8 ans dans les arènes d’Arles et « qui s’ennuyait dans sa vie ».

Elle avait un « manque »…Pour le combler, elle reprend son job de malade et en 2007, a prévu de toréer 30 à 40 corridas.

Croyez-moi, ça m’a pelé les fesses de lire ce truc là, de savoir qu’au Venezuela, elle était surnommée, affectueusement, « Doňa Corones » (Madame qui a des couilles) ou qu’elle faisait partie des 50 plus belles personnalités internationales.

J’ai pris le parti d’acheter ce torchon pour tenter de comprendre la raison de cette promo.

Certes, c’est une « people », pas mal foutue, qui a été mariée à Simon Casas, aficionado fou furieux, ancien torero et directeur des arènes de Nîmes et de Valence.

Elle fréquente assurément Cécilia et Nicolas (fana de corrida et pote de Simon Casas).

Mais je pense que l’objectif de cet article, c’est de corriger l’image désastreuse de la corrida dans l’opinion publique et, en ciblant un lectorat somme toute préoccupé par le bien être des animaux familiers, de revaloriser ce spectacle de mort  en utilisant une femme.

L’accent est donc mis sur la persévérance et le courage, « pour mes enfants, c’est une leçon de vie (sic) que je leur donne », sur les difficultés à s’imposer dans ce monde de « machos » , sa réussite, à force de « don de soi » malgré « l’âpreté de la vie ».

N’oubliez pas, mes amis, que nous sommes désormais en terre Sarkozienne, où l’on se lève tôt et on travaille plus pour mériter son destin.

Il y a ici concordance d’injonctions morales, ça ne mange pas de pain et ça renforce le bourrage de crâne.

En résumé, Marie Sara est devenue un homme comme les autres : « Je torée les mêmes toros que les hommes, dans les mêmes arènes. Il n’y a pas de catégories comme dans les autres sports ».

Toutefois, l’article nous rappelle opportunément que Marie, c’est bien une femme car elle a eu des enfants et qu’elle est disposée à abandonner sa passion pour eux s’ils l’exigent.

Les taureaux ?  Sur les 8 pages de l’article, on les mentionne très peu. Juste pour rappeler que  « C’est l’unique animal sur terre que l’on admire pour son courage, sa noblesse et sa bravoure… Des qualités humaines ».

Misère, qu’est-ce qu’il ne faut pas supporter comme conneries !

Je ne sais pas si cette tentative de réhabilitation de la corrida (le mot « sang » a été employé 1 fois) sera réussie.

On assiste, en ce moment, à une offensive des sadiques des arènes, faisant recours à la vieille et classique thématique pour populariser ce loisir barbare : esthétique de la violence contenue, domestication de la mort.

Cet article nauséabond en est une illustration.

On verra bien si ça marche.

Paris Match, sur son site, nous propose le « making of »  de ce reportage merdique.

C’est l’officiel. L’authentique, non retouché, non censuré, le voici .

Mas des bécasses : 16 h. Le soleil cogne méchant. Sur les têtes et à l’intérieur.

Marie Sara fait le tour des chambres et réveille les enfants après la sieste (les prénoms sont authentiques, qu’est-ce que vous croyez ).

-          Coucou mes chéris, faut se lever… Maman a une surprise pour vous !

-          Oooouuaaais !!!!! C’est quoi ? C’est quoi…Hurle Lalo

-          Tsss…Tsss … Vous verrez bien (la coquine a prévu un entraînement avec sa monture, les banderilles et une vachette)

-          Dis-moi, dis-moi , crie Rebecca (6 ans ½)

-          Allons, mes poussins, je vous répète que c’est une surprise… Lalo, arrête ! Je t’ai déjà dit  de ne pas crever les yeux du chien avec ta fourchette (« il est incroyable ce gosse, je suis sûre qu’il sera un grand  torero » songeait Marie. « Il est si enthousiaste quand il regarde des cassettes  de corridas »)

-          Dépêchez-vous mes trésors, ça ne peut pas attendre

-          Dis maman, dis…

-          Rebecca ? Oui mon cœur ?

-          C’est quoi des couilles ?

-          ????     Des couilles ?

-          Bin oui, dans le journal Paris Match, ils disent que tu as des couilles comme un homme

-          Humm…Humm … Tu sais, Rebecca,  c’est…enfin… ce que les messieurs, et ton petit frère aussi, ont en dessous du zizi… c’est comme…des boules, enfin…

-          Mais…Mais… t’es une maman toi ! Tu peux pas en avoir !

-          Oui mon bijou, c’est vrai mais…Disons, tu vois… Comme je me comporte comme un homme…Euuhhh… Que je suis courageuse… ils disent que je…suis un peu comme eux

-         Ah ouiiiiii … Et tu fais quoi comme chose courageuse ?

-         Rebecca … tu sais bien que ta maman, son boulot, c’est de tuer des taureaux féroces grâce à des chevaux tout mignon ?

-         Vi  maman, tu fais le même travail que papa, je sais bien…

-         Voilà… Sauf que si c’est une femme qui fait ce travail là, c’est encore plus fort, tu vois…

-         De tuer des taureaux ?

-         Oui… Ma poulette, c’est ça, c’est un métier d’homme, si tu veux, d’homme brave en plus

-         Aaaahhhhh

-         Quoi ?

-         Faut être brave pour tuer un taureau ? On dirait pas …Il a l’air d’avoir mal en plus et toi jamais…

-         Rebecca, il faut être très, très courageux, il faut en av… enfin, il faut pas avoir peur !

-         Mais pourquoi le taureau il est toujours tout seul dans l’arène et qu’il saigne ?

-          ????

-         Hein maman, pourquoi toi t’es jamais blessée et pourquoi c’est le gentil cheval qui a le bidon qui est tout ouvert à cause des cornes du taureau

-         Rebecca ?

-         Oui maman

-   Tu me fais chier avec tes questions...   

Posté par TAOMUGAIA à 17:53 - Traditions connes et cruelles - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Marie Sara

    Elle est fière d'etre la seule femme torero. Fière aussi d'infliger d'atroces souffrances au taureaux. Elle devrait etre le porte parole d'instaurer une corrida sans épée et sans mise à mort de ce merveilleux animal. Je suis scandalisée!!!!!

    Posté par soleil, 19 juillet 2009 à 13:45
  • la donneuse de "leçons de vie"

    comme ces femmes auto-proclamées "chasseresses" qui se sentent obligées d'aller plus loin dans la cruauté pour séduire leurs confrères. pathologique .........CORRIDA BASTA !!!

    Posté par jenny, 13 mai 2017 à 21:14
  • honte aux assassins de taureaux

    Honte aux amateurs de morts!!!

    Posté par fillol, 14 mai 2017 à 17:33
  • et cette .... chose

    va sans doute être élue députée ....................

    Posté par terrienne01, 13 juin 2017 à 13:44

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