09 mars 2008
Perfection et imperfection

La grande aventure de l'évolution des espèces. La toujours actualité, validité du Darwinisme, face à l'offensive créationniste. Formidable réflexion sur les mécanismes (et la plasticité) du vivant.
Ce superbe et sensationnel livre est paru en septembre dernier.
EVOLUTION

Son titre est simple mais évocateur. Les auteurs en sont Jean-Baptiste de Panafieu, professeur agrégé de sciences naturelles et Patrick Gries, photographe spécialiste de l'édition d'art.
Ils ont utilisé des spécimens (après restauration) des collections de squelettes conservées par le Muséum national d'histoire naturelle (mais aussi d'autres musées) pour donner à voir la stupéfiante inventivité de l'évolution naturelle, avec ses ratés, ses innovations, ses succès.
Cet ouvrage est composé comme suit : sur la page de droite, les photographies, sur un strict fond noir.
Sur la page de gauche, explications et commentaires.

Cela tombre sous le sens, l'évolution qui est retracée sous vos yeux est celle des vertébrés !
Ce qui charme et sidère en même temps, c'est l'incroyable parenté, rendue visible, entre des espèces pourtant semblant fort éloignées, morphologiquement, esthétiquement, les unes des autres.
Ces 230 photographies sont en quelque sorte un révélateur et devraient nous conduire, nous Homo Sapiens, à plus d'humilité.
Ces squelettes nous renvoient ainsi, de manière scientifique, neutre, didactique à nos propres origines, quand il a fallu que nous nous adaptions à la marche, à la station verticale...

La nature bricole. Sans cesse. Pour vivre, résister, se reproduire, le vivant imagine toutes sortes de subterfuges, parades ou surprises.
La pression sélective fera le reste.
Ce bouquin (co-édition Ed.Xavier Barral et Muséum national) coûte 49,90 euros, prix public.
Ce n'est pas donné certes mais la qualité se paie et la fascination provoquée par ces illustrations rembourse largement l'investissement.
Au sortir de ces pages, c'est en fait à une véritable démolition des préjugés culturels que l'on assiste et se vérifie le sentiment que s'il y a eu des anomalies dans l'évolution des espèces, le règne de l'animal humain en est une.